En guise de dernier post de Thaïlande, je voudrais livrer un peu plus ce qui m’a touché et ce qui m’a grandi ici parmi cette équipe formidable autour du docteur Suporn, et aussi au contact de toutes ces personnes opérées qui comme moi ont voulu partager un peu de leur histoire forcément riche, difficile et exemplaire.
Je reviens de Thaïlande, complètement satisfaite et sûre de mon propre corps, certes encore douloureux mais vraiment à moi enfin, enfin ! Et j’ai eu la chance de partager cette joie et cette renaissance avec beaucoup d’individualités riches et généreuses. Certes, je suis consciente aussi d’avoir vécu un moment d’apesanteur, protégée au dessus de la vie réelle. Il faut donner un grand mérite à toute l’équipe du docteur Suporn pour nous avoir fait bien vivre ces premières semaines post opératoires. La clinique a toujours été un havre d’attention et de tendresse formidable telle une matrice pour les nouvelles femmes que nous sommes.
Je n’oublierai pas non plus cette culture Thaï qui a tant imprégné ce séjour, et qui m’a amené à faire des prières et des vœux avec tout mon cœur comme je ne l’ai jamais fait de ma vie. Cela laissera des traces c’est certain dans ma vision et ma critique de la culture occidentale qui m’a nourri jusqu’alors.
Il est temps désormais de rentrer à la maison. Retrouver le stress parisien mais aussi retrouver mes enfants que j’ai hâte de revoir. Cette dernière semaine, j’ai bien senti que je commençais à saturer dans le partage de nos vies de trans. Car l’exemplarité de ces vies là a cotoyé aussi la difficulté et quelque fois la douleur pas toujours guérie. Et cela finit par s’accumuler.
J’ai l’impression pour ma part d’avoir laissé ici une image de personne « forte » ou « strong » comme me l’a dit un jour le docteur Suporn. Et cela me renforce pour mes épreuves futures.
Bisous à tous mes proches. Bisous à la Thaïlande, Bisous à Sin, Aey, Kun, Nun, Nong, Dib, Minda, Aoy, aux infirmières et au docteur Suporn. Bisous à celles que j’ai beaucoup apprécié ici, qui m’ont touché et qui me donneront la pêche pour me battre pour les droits sur l’identité de genre dans mon pays, la France, qui sur ce plan fait une fois encore pâle figure et montre de ringardise moyen-âgeuse.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
1 commentaire:
Bonjour Laura,
Je regrette de n'avoir pas connu ton blog plus tôt. Conicé à la maison avec ma grossesse, je me serai fait une joie de commenter ton séjour. J'ai eu de temps en temps les larmes aux yeux, mais de joie, je te rassure. Je suis ravie que tout ce soit bien passé et ravie d'avoir une nouvelle cousine.
David se joint à moi pour te faire plein de gros bisous.
A très bientôt.
Aude et David.
Enregistrer un commentaire